Carmen Gomez Mont a donné des cours et un séminaire.
Le cours
COMMUNICATION INTERNATIONALE ET DEVELOPPEMENT DANS
L´HEMISPHERE SUD
Le but de ce cours est d'abord
d'introduire les étudiants à l'analyse des théories de l'information et
de la communication face au concept de développement.
Pendant longtemps, et même au moment présent, ce concept a été fondamental
dans l'analyse de l'émergence de la société informationnelle dans les pays
du Sud. Le modèle du développement a connu deux moments d'expérimentation
dans sa courte histoire : le premier datant des années 70 et 80 avec de
très pauvres résultats, ce qui l'a fait passer par la suite par une période
d'oubli (commission Mac Bride), et le deuxième, marqué par l'émergence des
technologies de l'information et de la communication. L'apparition de nouveaux
équipements, réseaux et services est une opportunité pour repenser ce concept
face aux enjeux du XXIème siècle ( les années 90 et 2000).
L'organisation des lectures et des débats du cours se fera autour de ce deuxième moment, mais on n'oubliera pas de se référer aux initiatives déployées pendant le premier. Comment penser le développement à partir de l'émergence des technologies de l'information et de la communication dans les pays du Sud ? Quels sont les principaux enjeux à surmonter ? Quels sont les apports provenant du Nord ? Quelle est la réponse du Sud ? Comment évaluer les initiatives théoriques et de recherche en communication développées dans les pays du Sud ?
Le séminaire
LA CONSTRUCTION DES SOCIÉTÉS EN RÉSEAUX
(INTERNET) DANS LES PAYS DU SUD
Le principal objectif du séminaire est d'introduire
les étudiants à l'analyse des modalités que certains pays du Sud mettent
en place pour construire leurs réseaux d'information et de communication
autour d'Internet.
On vise surtout la mise en relation de deux variables :
1) la construction sociale moderne et
2) les systèmes d'information et de communication (Internet).
Le séminaire comportera deux directions : infrastructure
des télécommunications et analyse des usagers d'Internet.
a ) Dans la première partie, il s'agira d'identifier un modèle ou des modèles
de développement de l'infrastructure des systèmes d'information et de communication
afin de comprendre le rôle déterminant de certains réseaux (téléphone, radio,
télévision par câble) pour le développement d'Internet dans des régions
sous-équipées. La présentation de cas particuliers, tels : L´ALENA, Mercosur,
l'Union Européenne, ainsi que de certains accords internationaux sera importante
pour comprendre la politique d'expansion des technologies de pointe dans
ces régions.
b) Dans la deuxième partie, on procédera à une analyse de cas en profondeur,
à savoir la formation des usagers d'Internet au sein de deux catégories
sociales : les classes supérieures et moyennes, selon un modèle universel
d'usage (imposé surtout par les Etats-Unis) et les groupes marginaux capables
d'échapper à ce modèle universel et d'établir leurs propres directions et
logiques d'usage. On montrera à quel point cette dernière catégorie (qui
dans certains cas représente plus de 60% de la population d'un pays du Sud)
est capable d'établir sa propre logique d'usage. On prouvera ainsi la versatilité
de l'ordinateur et du réseaux dans la création de nouveaux modèles d'information
et de communication.
Il faudra aussi nous poser toute une série de
questions : quel est le rôle joué par l'économie de marché dans la construction
des sociétés de l'information dans différentes parties du monde ? Est-il
vrai que face à la construction des sociétés en réseaux les gouvernements
des pays du Sud jouent un rôle beaucoup plus déterminant que ceux des pays
du Nord ?
DEUX ELEMENTS SEMBLENT ETRE AU CENTRE DU PROBLEME : dans quelle mesure les
gouvernements des pays du Sud sont-ils capables de contrôler leurs propres
intérêts de développement quant il s'agit de négocier avec les grands groupes
internationaux de l'information et de la communication ? Les technologies
de l'information et de la communication seront-elles capables de réduire
la distance entre le Nord et le Sud ou bien cette distance est-elle en train
d'augmenter suite à leur émergence ? Quelles sont les hypothèses que
le Nord et le Sud mettent en avant ? Y a-t-il moyen de prouver le contraire,
c'est-à-dire de bâtir un modèle théorique qui puisse prouver que la construction
des sociétés de l'information dans les pays du Sud mène au progrès ?
François Pichault a donné un cours et un séminaire.
Le cours
MODERNISATION DES ORGANISATIONS ET POLITIQUE DE GESTION DES RESSOURCES HUMAINES
Le cours introduit d'abord les étudiants à l'analyse des organisations modernes à partir de l'examen d'un certain nombre de variables qui en caractérisent le fonctionnement : division et coordination du travail entre opérateurs, départementalisation, mécanismes de liaison entre unités, système d'autorité et flux de communication formelle, systèmes de pouvoir et flux de communication informelle, processus de prise de décision et de définition des objectifs, type d'environnement, etc.
Son ambition est à la fois descriptive (repérage de différentes configurations
organisationnelles sur la base des variables sus-mentionnées) et explicative
(initiation aux grands débats théoriques de la théorie contemporaine des
organisations, à travers l'examen des perspectives rationnelle, contingente
et politique). Il recourt à de nombreuses études de cas afin de concrétiser
le propos.
Le cours passe ensuite en revue les différents éléments caractéristiques
d'une politique de GRH. Il envisage à cet égard le mode de gestion des effectifs
(planification, recrutements, départs), les formes d'intégration à la culture
organisationnelle, les procédures de contrôle et d'évaluation, les mécanismes
de promotion, les techniques de rémunération et de motivation, les styles
de leadership et de communication, les modalités d'aménagement du temps
de travail et les types de relations sociales. D'autres variables auraient
pu être prises en considération, mais celles-ci permettent déjà de caractériser
à grands traits les principaux types (ou modèles) de GRH. C'est donc l'analyse
de ce lien qui sera privilégiée.
Loin d'être un répertoire détaillé de techniques, le cours cherche plutôt à dégager les principales orientations que l'on peut aujourd'hui repérer en matière de GRH et d'en préciser les modalités d'application dans tel ou tel cadre organisationnel. Une attention particulière est montrée à la modernisation des organisations et au rôle joué dans ce processus par la politique de GRH. Beaucoup d'organisations sont en effet confrontées à des bouleversements de structures et/ou de stratégies, et l'un des problèmes majeurs qu'elles rencontrent est précisément la question de la pertinence des politiques de GRH à mettre en œuvre.
Le séminaire
ASPECTS HUMAINS ET ORGANISATIONNELS DES NOUVELLES TECHNOLOGIE DE L'INFORMATION
L'objectif principal du séminaire est d'introduire les étudiants à l'analyse des relations entre nouvelles technologies de l'information, formes organisationnelles et gestion des ressources humaines. On entend mettre ainsi en évidence, sous différents aspects, l'importance des facteurs humains et organisationnels dans tout processus d'innovation technologique.
Le raisonnement s'articule autour de la caractérisation du contexte d'innovation (perspective contingente) et ensuite autour des jeux de pouvoir qui y émergent (perspective politique). Toutefois, l'une des questions posées au cours du séminaire est de savoir dans quelle mesure les nouvelles formes organisationnelles liées aux technologies de réseau ne conduisent pas à remettre en cause les perspectives traditionnelles d'analyse des organisations.
Plan du cours :
1) La première partie du séminaire repère les principales évolutions caractéristiques
de l'architecture des systèmes d'information en associant les progrès réalisés
sur le plan des technologies de l'information avec différents modes d'organisation
du travail.
2) La deuxième partie du séminaire est consacrée à l'examen de deux perspectives
classiques dans l'analyse des processus d'innovation technico-organisationnelle.
La perspective contingente insiste sur le rôle des variables de contexte;
quant à la perspective politique, elle envisage le rôle des phénomènes de
pouvoir: constituent-ils une entrave, ou, au contraire, un stimulant du
changement ?
3) Après avoir examiné divers cas d'organisations "traditionnelles" ayant
été soumises à des processus de changement technico-organisationnel, la
troisième partie propose un modèle général qui associe les deux perspectives
d'analyse précédemment évoquées, en insistant particulièrement sur le style
de management adopté par les promoteurs du projet d'innovation technico-organisationnel.
Le modèle ainsi constitué permet de discuter de certaines hypothèses présentées
dans la littérature sur la gestion des projets de NTIC et de critiquer la
notion de réussite ou d'échec habituellement associée à l'évaluation de
tels projets.
4) La quatrième partie s'interroge sur le développement actuel des nouvelles
formes organisationnelles (NFO). On parle désormais de redéfinition des
frontières de l'entreprise avec des notions comme celle d'entreprise virtuelle
et d'entreprise-réseau, ainsi que de l'apparition de nouveaux arrangements
institutionnels entre agents économiques supportés par les réseaux d'information.
Sur le plan théorique, ces évolutions aboutissent à s'interroger sur la
validité des approches traditionnelles du fonctionnement des organisations.
Il est vrai que celles-ci ont tendance à privilégier une conception de l'organisation
comme système fermé, aux contours plus ou moins clairement définis.
Mais, à l'ère des organisations "reconfigurées", peut-on encore plaider
pour la recherche d'une cohérence des choix structurels (internes) par rapport
aux contraintes du contexte (externe) ? Peut-on toujours parler de
"système d'action concret" lorsque les "acteurs" en présence sont susceptibles
d'être tour à tour des salariés, des indépendants prestataires de services,
des clients ou des fournisseurs? La pertinence du modèle général d'analyse
proposé précédemment est alors testée. Le séminaire est constitué d'une
alternance de réflexions théoriques et d'analyses de cas empiriques.
