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Il y a quelques années, à l'occasion d'un Colloque international de Dialectologie qui avait lieu à Bilbao, divers linguistes présents avaient discuté du faible nombre de recherches consacrées à l'accent et à l'intonation dans les domaines dialectaux : des travaux consacrés entièrement à la prosodie d'une variété romane sont en effet peu fréquents et ceux qui existent ne sont pas facilement comparables.
A l'issue de ce colloque, des recherches démarrées auprès du Centre de Dialectologie de Grenoble, dirigé par M. Contini, ont permis d'explorer ce type de phénomènes pour des parlers divers et ont abouti à la proposition d'une stratégie commune d'analyse et de présentation des résultats.
Grâce au projet AMPER, des équipes de différentes universités du domaine roman se sont rassemblées autour d'un objectif et d'une méthodologie d'analyse unitaire et de vulgarisation.
-" la difficulté inhérente à l'analyse linguistique de la prosodie, phénomène multiparamétrique mettant en jeu, au niveau de la production et de la perception, des variables physiques et, notamment, la fréquence fondamentale, la durée et l'intensité, auxquelles, pour l'intonation, il faudrait ajouter le rythme, le débit ou un phénomène comme la pause ;
- la nécessité d'une approche objective, instrumentale, nécessitant,
chez le dialectologue intéressé à cet aspect de la langue,
une solide formation en phonétique acoustique et en phonétique
instrumentale ;
- le nombre très limité de laboratoires équipés
pour ce type de recherche, nécessitant un matériel relativement
coûteux : ce qui (à l’époque) était loin d'être
le cas dans la plupart des Centres de Dialectologie des différents pays
romans.
- la difficulté de concevoir une approche méthodologique suffisamment
générale rendant possible la comparaison entre les structures
intonationnelles des différentes variétés romanes.
Il est bien connu que l’analyse de la prosodie comporte plus de difficultés que celle des unités segmentales qui, à l'intérieur d'un système donné, se laissent facilement définir par un certain nombre de traits, de nature articulatoire ou acoustique. Lorsqu'on veut caractériser, dans un même parler, l'intonation d'une phrase affirmative par rapport à la phrase interrogative correspondante ou par rapport à une phrase de structure syntaxique proche d'un autre parler, on a affaire à une réalité beaucoup plus complexe.
Où se situe(nt) le(s) segment(s) porteur(s) d'information ? Cette dernière,
est-elle localisée en un seul point de la phrase, privilégié,
ou au contraire existent-t-il plusieurs points "sensibles" ? Quels
paramètres physiques sont mis en jeu ?
Malgré toutes ces difficultés, l'étude de la variation
prosodique a pris un nouvel élan surtout au cours des dernières
décennies. Cependant, les méthodologies d’analyse et d’interprétation
des données acoustiques utilisant des approches très diverses,
rendent pratiquement impossible la comparaison des données issues de
ces recherches .
Au moment du lancement du projet AMPER, et surtout dans la phase préparatoire,
la question que nous nous sommes posée, a été de savoir
comment il fallait représenter la variabilité prosodique, cette
composante étant réalisée et perçue par le biais
d’un grand nombre de paramètres physiques. Il est apparu, à l’évidence,
que l’on ne pouvait pas envisager, comme pour les autres données linguistiques
prises en compte par l’Atlas Linguistique Roman, une cartographie sur un support
papier, dans la tradition de la géographie linguistique, même si
des expériences de ce type ont déjà été réalisées
(E. Gårding, 1977).
Il faut dire par ailleurs que cette tradition a commencé à laisser
la place - l’informatique aidant - à une nouvelle génération
d’atlas, informatisés et interactifs, qui constituent des Base de Données
parole et vidéo. Contrairement aux premiers qui "se contentaient"
- mais cela était déjà un travail considérable -
de transcrire phonétiquement, à côté de chaque point
d’enquête symbolisé par un numéro, la réponse à
une question donnée (mot isolé ou phrase), les Atlas multimédia,
comportent une base ‘parole’ associée à une base ‘image’, avec
la possibilité aussi d'afficher des mots ou du texte, en transcription
phonétique.
Installés sur réseau (Internet) ils peuvent être interrogés de n’importe quel endroit de la planète et permettent d’entendre le mot ou la phrase, sélectionnés à partir d’un ‘menu’, dans la vive voix de chaque informateur dont on peut observer, éventuellement, la gestuelle, grâce à des films réalisés lors des enquêtes. Avec l'affichage sur l’écran, d’une carte présentant les points du réseau choisi, il est possible, en outre, d’écouter la variation de la prononciation d’un même mot ou d'une même phrase, ou encore d’observer les changements lexicaux, pour un même référent, d’un point à un autre, en cliquant successivement sur chaque localité".
(texte tiré de CONTINI M., LAI J-P., ROMANO A. (2002),
"La géolinguistique à Grenoble : de l'ALiR à l'AMPER",
in M. R. Simoni-Aurembou (Ed.) Nouveaux regards sur la variation diatopique,
Revue belge de Philologie et d'Histoire, n° 80-3, 931-941).
Présentation du projet (en ppt)
http://www.lfsag.unito.it/amper/fox.html
site de la Base de Données : http://www.limsi.fr/Individu/rilliard/amper/
BILAN 2010 du projet AMPER par Domaine linguistique :
Visitez la page des Thèmes
Démo du système de Cartes
Démo d'une carte parlante
Démo de l'affichage des courbes et des graphes
Renseignements
Antonio Romano - Michel Contini - Jean-Pierre Lai
Gipsa-lab
ICP UMR 5216
Département Parole et Cognition
Equipe:
Systèmes Linguistiques et Dialectologie
Université Stendhal-Grenoble3 Bât E
Domaine Universitaire 1180 Av. Centrale BP 25
38040 Grenoble Cedex 9
E-Mail: Michel.Contini@u-grenoble3.fr Tél.: (33) 04.76.82.43.92 E-Mail: Antonio.Romano@unito.it Tél.: (39) 011 670 37 02 E-Mail: Jean-Pierre.Lai@u-grenoble3.fr Tél.: (33) 04 76 82 68 64