Notices
tr€pow/tr€pod-
Ce même mot est attesté en mycénien sur la célèbre
tablette de Pylos Ta 641, dite 3Ú4des trépiedsã, sous les graphies
ti-ri-po et ti-ri-po-de suivies de dessins (idéogrammes)
de vases à trois pieds. Elles représentent, respectivement,
le nom.sg.masc. /tripos/ et le nom.duel masc. /tripode/.
Il s'agit, à l'origine, d'un composé possessif adjectif
/tri-pod-/ 'ayant trois pieds', qui ensuite, substantivé,
prend le sens de 'objet à trois pieds, trépied'.
Ces graphies ont fourni une confirmation décisive du déchiffrement
du linéaire B, car elles n'ont été connues qu'en
mai 1953, alors que la rédaction de l'article non moins célèbre
Evidence for Greek Dialect in Mycenaean Archives contenant l'essentiel
du déchiffrement pro-posé par Michael VENTRIS et John CHADWICK
et destiné au volume de 1953 du Journal of Hellenic Studies
avait été achevé en novembre 1952. Voir J.CHADWICK,
Le déchiffrement du linéaire B (trad. Paris, 1972),
pp.110 svv. et 122 svv. Comparer le cas parallèle de i-qo et
o-no, /i(k)kwoi/
et /onoi/ Æ ·ppoi et ˆnoi,
'chevaux' et 'ânes' sur un fragment de tablette trouvé en
1955, ibid. p. 128 svv.; voir sous ·ppow.
·ppow
Myc. i-qo (KN Ca 895+) /i(k)kwos/.
Sur les détails du phonétisme (voyelle i, manque
d'aspiration, k géminé ou simple, formes indo-européennes
apparentées comme lat. equus, skr. áßvas
qui remontent à i.-e. *(H1)e"Éos,
etc.), voir en dernier A.LEUKART in: J.-P.OLIVIER (éd.), Mykenaïka.
Actes du IXe Colloque international sur les textes mycéniens et
égéens, Athènes 1992, p. 396 svv. (pour la littérature
antérieure, cf. DMic s.v., note 4).
Le fragment de gauche de la tablette KN Ca 895, trouvé au musée
d'Iraklion par CHADWICK au printemps 1955, porte à la ligne 1 i-qo,
à la ligne 2 o-no, les deux suivis au début du fragment
principal de droite, connu depuis longtemps, par l'idéogramme du
cheval (dessin de la tête et du cou) et celui — apparemment
identique — de l'âne, respectivement, ces derniers étant
suivis à leur tour par des chiffres supérieurs à
deux. Les formes sont donc à lire /i(k)kwoi/
'chevaux' et /onoi/ 'ânes' (pour ce dernier voir sous ˆnow).
Ainsi, le fragment de gauche a apporté une confirmation supplémentaire
du déchiffrement; voir J.CHADWICK, Le déchiffrement du
linéaire B (trad. Paris, 1972), p. 128 svv. Comparer le cas
parallèle et antérieur de ti-ri-po(-de) sous tr€pow/tr€pod-.
ˆnow
Myc. o-no (KN Ca 895.2; nom.pl.) /onoi/ 'ânes'. Sur
la confirmation que cette forme a apporté au déchiffrement,
voir sous ·ppow.
Le mot remonte à sumérien an"su 'âne',
sans qu'on puisse démontrer l'évolution phonétique
(éventuellement à travers *ono- < *onho- <
*onso-, emprunté à une langue asianique??) ; cf.
les formes divergeantes de lat. asinus et arm. <e"s
(gén. i"soy), d'origine identique.