LIRE
Littérature, Idéologies, Représentations XVIIIè-XIXè siècles


LE CONTE AU XVIIIe SIÈCLE
BILAN 2002-2006
I - ÉTUDES SUR LE CONTE MERVEILLEUX ET LE CONTE ORIENTALISANT


EQUIPE:

Jean-François Perrin, responsable (Université Grenoble 3 - UMR LIRE)
Christelle Bahier-Porte (Université de Saint-Etienne - UMR LIRE Grenoble)
Marie-Françoise Bosquet (Université de la Réunion)
Yves Citton (Université Grenoble 3 - UMR LIRE)
Anne Defrance (Université de Bordeaux 3), Catherine Langle (Université Grenoble 3 - UMR LIRE)
Jean Mainil (Northwestern University, Evanston USA)
Carmen Ramirez (Université de Séville - Espagne).
Les études sur le conte merveilleux de l'Âge classique en France (XVIIe-XVIIIe siècles) se sont principalement développées, durant les dix dernières années, autour du conte de fées (Mme d'Aulnoy et les conteuses du XVIIe siècle, Perrault et leurs imitateurs). En revanche, le domaine du conte orientalisant n'a pas encore suscité de travaux novateurs depuis ceux, déjà anciens, de M-L Dufrenoy, alors même que les recherches sur les Mille et une Nuits et sur leurs diverses traductions depuis Galland sont en plein essor: corpus et poétique, index de motifs, langue et traductions, etc. (travaux, notamment, de l'équipe de Cl. Bremond et A. Chraïbi à l'INALCO). Or, la production du XVIIIe siècle français est considérable en la matière, notamment dans le domaine des recueils imités de Galland (une dizaine), dans la recréation satirico-licencieuse qui est donnée de la matière orientale chez un certain nombre de romanciers libertins, comme Crébillon et ses imitateurs, dans le travail enfin des Lumières militantes pour adapter le genre aux impératifs du combat philosophique – cela bien au-delà de Voltaire (Delisle de Sales, d'Holbach, etc.). Cette production se développe sur toutes sortes de supports: presse, brochures, ouvrages, recueils, anthologies (jusqu'au fameux Cabinet des fées en 37 volumes qui regroupe toute la production contique non-licencieuse à la fin du XVIIIe siècle); elle est caractérisée également par d'importants échanges entre la France et l'Angleterre (mais aussi avec d'autres pays européens: traductions espagnoles de Gueullette par exemple, succès de Crébillon en Allemagne, etc.). L'ensemble représente en outre une dimension importante de ce qui se transmet de l'esprit des deux siècles précédents au XIXe siècle.
ÉDITION CRITIQUE:

Les éditions Champion préparent une édition scientifique en vingt volumes du corpus des contes publiés aux XVIIe - XVIIIe siècles, sous le titre : La Bibliothèque des Génies et des Fées (dir. Philippe Sellier et Nadine Jasmin), collection « Lumières classiques ». Notre Centre est engagé dans cette entreprise pour trois volumes.
* Volume 8 : Pétis de la Croix, Les Mille et un jours (C. Bahier-Porte) (Paru en 2006).
* Volume 9. Les Contes de Th.-S. Gueullette (J.-F. Perrin, C. Ramirez, M.-F. Bosquet) : Les Soirées bretonnes ; Les Mille et un quarts d'heure, contes tartares ; Les Aventures merveilleuses du mandarin Fum-Hoam, conte chinois ; Les Sultanes de Guzarate, contes mogols ; Les Mille et une heures, contes péruviens.
* Volume 16. Hamilton et autres conteurs (A. Defrance, M.-Cl. Huc et J.-F. Perrin) : Hamilton : Le Bélier, Les Quatre Facardins, Histoire de Fleur d'épine, Histoire de Zénaïde, L'Enchanteur Faustus, Le Cheval d'or. Pajon : Histoire du prince Soly. Cazotte : La Patte du chat, conte zinzinois; Les Mille et une Fadaises; La Belle par accident; Le Plaisir et le pèlerin. Tessin : Faunillane ou l'infante jaune. Duclos : Acajou et Zirphile. Diderot : L'Oiseau blanc, conte bleu. Rousseau : La Reine fantasque.



II - LE CONTE MERVEILLEUX ET LA CULTURE BAROQUE DE LA VOIX :

Nous avons développé nos recherches sur un ensemble de problèmes liés à la question du rapport entre culture orale et culture littéraire écrite dans la production et la réception du conte aux XVIIe-XVIIIe siècles.

Cette réflexion a nourri la préparation du Colloque international : « Le conte en ses paroles : Le dire et le dit dans le conte merveilleux de l’Âge Classique » (XVIIe-XVIIIe siècles) (dir. J-F Perrin, A. Defrance), qui s’est déroulé à Grenoble les, 22, 23, 24 septembre 2005. Les débats ont porté sur l’énonciation, l’effet d’oralité, la dimension de la voix dans les contes merveilleux, pris dans leurs rapports avec une culture baroque de l’éloquence, du chant, de la scène, de la conversation. 36 communications ont été prononcées).
« à une époque, écrivions-nous dans notre présentation, où circule couramment la notion de "littérature orale" liée notamment au puissant renouveau de la pratique du conte comme pratique sociale, il paraît nécessaire de réfléchir de façon critique sur cette notion en revenant sur la surdétermination de la parole par l'écriture, sur la capacité spécifique de la littérature à produire des « fictions de présence ». Il s'agit donc de réfléchir sur la dimension de la parole dans le conte merveilleux (conte de fées et conte oriental), selon une perspective résolument littéraire: conditions de production/réception des contes d'auteurs, aspects relevant des problématiques de l'énonciation, questions touchant l'inscription ou la représentation de l'oralité dans la langue et le style ». Nous proposions ainsi d’aborder ces problèmes sous l’angle de la production d'effets esthétiques et non comme réagencement ou dénaturation d'une matière première « populaire » par la littérature « savante » Voir les travaux de E. Cosquin, P. Delarue, M-L. Ténèze, M. Soriano, N. Belmont. Pour une étude récente,voir les Cahiers de Littérature Orale n° 56, 2004, ou en termes de réécritures de sources (point de vue des tenants d'une filiation purement scripturaire du genre). Notre perspective était autre, comme l’indiquait le sous-titre initial: « le dire et le dit dans le conte merveilleux de l'Âge classique », qui mettait l'accent sur les problèmes de l'énonciation en régime littéraire: parmi une dizaine d'axes de travail liés à cette problématique, nous suggérions ainsi une approche en termes de dialogisme et de polyphonie énonciative, de poétique de la parole et de la voix figurées (idiolectes et sociolectes, jargons, babils, cris et murmures, etc.), mais aussi en termes d'interactivité à l'égard des arts du discours et des différentes scènes où ils se déploient à cette époque: éloquence profane et sacrée, conversation, théâtre, opéra, chanson, etc.



III - CRÉATION DE LA REVUE FÉERIES – Études sur le conte merveilleux (XVIIe - XIXe siècles).

Directeur : Jean-François Perrin. Comité de rédaction : Christelle Bahier-Porte (Saint-Étienne), Anne Defrance (Bordeaux 3), Jean Mainil (Northwestern University), Jean-Paul Sermain (Paris 3)

Cette publication annuelle est publiée aux ELLUG (Éditions littéraires et linguistiques de l'université de Grenoble) par l’UMR LIRE. Elle est consacrée au conte merveilleux de langue française, du XVIIe au XIXe siècle. Il s’agit de travailler le conte avec les instruments, les méthodes et les problématiques des études littéraires contemporaines, de l’approcher comme un secteur particulièrement sensible de la littérature, un espace d’échange entre les genres, un creuset d’expérimentation formelle et de réflexion esthétique. Chaque numéro est consacré à un thèmes précis ; nous publions également des articles originaux hors-thématique ainsi que des travaux d’édition scientifique. Chaque livraison comporte un compte-rendu critique des publications concernant le domaine.
La revue Féeries est dépouillée par l’INIST (Institut national de l’information scientifique et technique) ; le n° 2 a été subventionnée par le CNL (Centre National du Livre).

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