BIBLIOTHEQUE STENDHALIENNE ET ROMANTIQUE

Collection dirigée par Marie-Rose Corredor et Chantal Massol 

Approfondir la connaissance de l'oeuvre stendhalienne est l'un des objectifs prioritaires d'une collection née dans une université qui porte le nom de l'écrivain grenoblois, et lui consacre des travaux depuis plusieurs décennies. Mais le domaine de recherches qu'elle se propose de couvrir s'étend au contexte historique, culturel, littéraire dans lequel cette oeuvre s'insère. Elle souhaite, en particulier,publier des ouvrages qui, traitant de Stendhal, permettent de poser des questions concernant plus largement le champ romantique ; d'autres qui, traitant de tel aspect du romantisme, permettent de faire retour sur Stendhal. Les problématiques qui peuvent surgir dès lors que l'on fait dialoguer les deux adjectifs « stendhalien » et« romantique », sont fort nombreuses, et les terrains qui s'offrent ainsi à l'investigation sont loin d'avoir été entièrement explorés - à supposer qu'ils aient tous été circonscrits : où en est la critique dix-neuviémiste (pour ne prendre que quelques exemples) de l'étude du récit à l'époque romantique ? jusqu'où a-t-elle poussé l'examen de la question du style ? n'a-t-elle pas à se pencher, davantage, sur celle de la représentation ? ou sur les stratégies diverses (« auctoriales » ou autres),mises en oeuvre dans le champ littéraire, aux lendemains de la Révolution ?

Sont concernés au premier chef, par un tel projet, le premier dix-neuvième siècle, et le domaine de l'écriture en prose.

Cette collection s'adresse avant tout à des universitaires (chercheurs, enseignants, doctorants, étudiants) ; mais elle vise aussi un public cultivé, curieux de Stendhal, et de la littérature de son temps.

Michèle Sautès
Chargée de la diffusion
Ellug
Université Stendhal
BP 25
38040 Grenoble cedex 9
Tél. +33 4 76 82 77 74
Fax. + 33 4 76 82 41 12
site web : <
http://www.u-grenoble3.fr/ellug/>


Le Moi, l'Histoire    1789-1848
Textes réunis par Damien Zanone avec la collaboration de Chantal Massol.
2005, 193 pages, 22 €, ISBN 2 84310 063 1


Culte du moi, culte de l’histoire... Ce qui passe habituellement pour la double postulation du romantisme français est interrogé ici à partir d’une question précise: comment s’écrire dans l’Histoire? Comment raconter sa vie, quand elle s’inscrit sur le fond de l’époque la plus agitée qui soit (1789-1848): faut-il mener de front le récit de soi et le récit du monde? Le Moi, l’Histoire  s’intéresse aux solutions que trouvent, dans cette conjoncture difficile et donc propice à l’invention, quelques grands protagonistes littéraires, lyriques ou historiens (Chateaubriand, Staël, Stendhal, Sand, Desbordes-Valmore, Nerval, Tocqueville, Michelet: chacun d’eux abordés par leurs meilleurs spécialistes invités à les envisager à partir de cette question). La leçon est que la rencontre entre l’écriture de soi et l’écriture de l’histoire n’est pas fortuite: l’une et l’autre ont beaucoup en partage et les études réunies ici disent pourquoi. C’est un peu une archéologie du romantisme qui se découvre
alors.



La Crise de la littérature.
Romantisme et modernité
Alain Vaillant
2005, 395 pages, 25 €, ISBN 2 84310 072 0


La crise de la littérature: la rumeur, avec son cortège d’anathèmes et d’inquiétudes, est si banale aujourd’hui qu’elle en paraît avoir existé de tout temps. En fait, on peut très précisément en dater l’apparition: des années 1830, et des bouleversements culturels qui, liés aux séquelles sociales de la Révolution, transforment radicalement la communication littéraire. Cette mutation  qu’on appellera indifféremment romantisme ou modernité  touche non seulement le fonctionnement social ou institutionnel, mais surtout la nature même de la littérature, considérée désormais comme un fait textuel et non plus discursif: de cette rupture jusqu’alors inimaginable avec la tradition héritée de l’Antiquité, découlent toutes les grandes innovations esthétiques du XIXe siècle. L’histoire de la crise sera donc ici d’abord esquissée grâce aux indices fournis par l’évolution du droit d’auteur, de la sociabilité littéraire et de l’édition, ainsi que par les méthodes quantitatives de la bibliométrie.Mais elle est inséparable  on le montrera dans une deuxième partie  de l’analyse littéraire des poétiques de crise qui, par la force des choses, ont permis de révolutionner l’art d’écrire, prose et poésies confondues, par le rapport nouveau de la littérature aux savoirs, à l’opacité textuelle, au monde sensible, à l’idéal conversationnel, au rire.Enfin, les œuvres singulières des auteurs doivent elles aussi se comprendre à la lumière de cette crise inaugurale; on le vérifiera à propos de quelques figures majeures de la littérature moderne: Mme de Staël, Lamartine, Balzac, Musset, Hugo, Baudelaire, Allais, Mallarmé
.


Enquête en Armancie
de Georges Kliebenstein
Collection Bibliothèque Stendhalienne et romantique

Armance est, à la fois, le «premier roman» de Stendhal et peut-être, singulièrement, le plus abouti et le plus retors. Dès lors qu’elle fonctionne (ou fait mine de fonctionner) comme un Grand Cryptogramme, l’aventure invite toujours à un «supplément d’enquête»  à une écoute nouvelle du scandale de son silence, à une auscultation renouvelée des «signes» qui la scandent. Apparemment, le roman repose sur une liponymie : le secret d’Octave n’y est jamais dévoilé (sauf à Armance même, et au confident Dolier). Mais en fait rien, dans Armance , n’est vraiment ou radicalement tu . D’un côté, l’énigme est sur-dramatisée : elle  mixe le «fatal» du tragique, le «bizarre» du fantastique et l’«affreux» de l’éthique. De l’autre, elle déplace sans cesse son «fin mot» (maladie, crime, misanthropie, philosophie, position socio-politique, mysticisme allemand, impassibilité anglaise, et jusqu’à une conjonction : «ce mais affreux»). Le ratage d’un trait définitoire définitif ou «décisif» affole le discours, qui redevient dis-cursus , se met à «courir çà et là». Le fiasco définitionnel compromet l’aventure dans des bifurcations incessantes, il rend l’intrigue littéralement imprévisible, ce dont, d’ailleurs, se vante le héros : «Voilà de ces folies, pensait-il, que jamais on ne prévoirait». De telles «folies» ne font, évidemment, qu’attiser le désir d’interprétation. Armance oblige à recourir à l’herméneutique, à la rhétorique, voire à la mantique : le texte même y incite, en assurant la mise en scène d’un «destin»  le mot y revient à plusieurs reprises, comme sa variante «destinée»  auquel il refuse, pourtant, toute évidence. Rien n’interdit, bien sûr, d’analyser l’intrigue après coup, en termes «logiques», et même tout y pousse (c’est ce qu’a fait Beyle lui-même). Mais, pour ne pas rigidifier trop vite le destin, il faut s’attacher d’abord à des incidents, à des accidents, à des dysfonctionnements : Armance met en cause et en crise l’espace, le temps, le genre romanesque voire le livre, le discours et la langue. Il ne faut pas réduire trop vite cette violente étrangeté.

2005. 252p. 14,5 x 21cm. ISBN 2 84310 059 3. prix 22 €.
 


Voyager en France au temps du romantisme : poétique, esthétique, idéologie.

Textes réunis et présentés par Alain Guyot, avec la collaboration de Chantal Massol, 2003.

 


 (septembre 2002)

P. Laforgue

L'Oedipe romantique.

Le jeune homme, le désir et l'histoire en 1830

Pierre Laforgue

 

L'oedipe est peut‑être moins une structure de la psychè humaine qu'une configuration philosophique qui s'inscrit dans l'histoire. Aussi n'est‑ce pas le complexe d'Oedipe des héros romantiques qui est envisagé dans ce livre, ni non plus le mythe d'Oedipe au temps du romantisme, mais l'oedipe tel qu'il s'élabore dans les années 1830, au moment où l'imaginaire et le symbolique sont en train de se recomposer. Il s'agit d'interroger l'oedipe dans la relation qu'il entretient à la société et à l'histoire et de voir comment cette chimère travaille les textes de cette époque. L'approche, qui croise constamment le fantas­matique et l'idéologique, est sociocritique.

L'ensemble s'organise en deux parties. La première, syn­chronique, constitue une anthropologie du romantisme de 1830 et essaie de montrer que dans la référence à Oedipe se formulent à cette époque des questions histo­riques autant que sociales et politiques. La seconde par­tie est composée de huit monographies, consacrées à quelques textes essentiels du romantisme où se voit à l'oeuvre une écriture de l'oedipe: Le Rouge et le Noir, Lucrèce Borgia, Lorenzaccio, Fantasio, Volupté, Le Père Goriot, La Confession d'un enfant du siècle, Le Lys dons la vallée.

SOMMAIRE

 

PREMIÈRE PARTIE : OEDIPE 1830

 

I           Le jeune homme et le XIXe siècle en 1830

Oedipe et configuration fantasmatique et idéologique de l'éros

Oedipe et carnaval

Oedipe royaliste, Oedipe révolutionnaire

Il          Oedipe tyran, ou idéologie du symbolique

            Usurpation et légitimité

            Oedipe sans oedipe

Ill         Oedipe romantique, ou symbolisation et désymbolisation

            Oedipe, l'énigme et les morts

            L'énigme, le sens et la poussière

            L'oeil de Dieu, les yeux d'Oedipe

            Œdipe et Isis

IV        Les fils de roi

            Apocalypse et opérette

            Oedipe romantique, retour

            Envoi : imaginaire et histoire

 

SECONDE PARTIE: HUIT ÉTUDES SUR L'OEDIPE ROMANTIQUE

 

Le Rouge et le Noir, ou oedipe et révolution

Lucrèce Borgia, ou oedipe et grotesque

Lorenzaccio, ou Oedipe à Florence

Fantaslo, ou être bouffon en 1830

Volupté, ou trente ans avant

Le Père Goriot, ou Oedipe et Télémaque

La Confession d'un enfant du siècle, ou histoire, fiction, oedipe

Le Lys dans la vallée, ou oedipe et royauté

Références bibliographiques

Index

 

 

 

2002, 206 pages, ISBN 2 84310 040 2, Prix 22

 


 

Premier volume (1er trim. 1999) :

Stendhal et le comique, textes réunis par D. Sangsue (publication de l'intégralité des communications du cycle de conférences« Stendhal et le comique », organisé à l'Université Stendhal, de mars 1995 à mai 1996).

Stendhal et le comique

Stendhal - le sait-on ? - a passé une bonne partie de sa vie à étudier l'art de Molière et à essayer d'écrire des comédies. Si ses tentatives de comic bard ont toutes échoué, elles ont néanmoins laissé des traces profondes dans son oeuvre, marquant en particulier ses romans. Les contributions réunies dans le présent ouvrage tirent les conséquences de l'intérêt manifesté par Stendhal pour toutes les formes de comique. Elles analysent l'empreinte de la comédie dans l'écriture romanesque, d'Armance à Lamiel, et la place du comique, ainsi que de catégories comme 'humour, l'ironie, l'autodérision, la satire, la parodie, la caricature ou le grotesque dans les écrits théoriques et autobiographiques de celui qui affirmait que « rien, ou presque rien, ne lui semblait valoir la peine qu'on en parle avec gravité ».

Textes réunis et présentés par Daniel Sangsue

Sommaire

INTRODUCTION - Daniel Sangsue

PREMIÈRE PARTIE - GENÈSES

L'espagnolisme contre le génie comique -Pierre-Louis Rey

Stendhal et Molière - Jean Serroy

L'Histoire de la peinture en Italie : de l'ekphrasis à la satire anti-cléricale - Marie-PierreChabanne

Stendhal et la caricature - Janine Gallant

 

DEUXIÈME PARTIE - COMIQUE ETAUTOBIOGRAPHIE

Comique, ironie, humour dans les écrits intimes de Stendhal - Béatrice Didier

Égotisme et autodérision chez Stendhal: « je tombe donc je suis » - Nathalie Roelens

Henry Brulard : ironie et continuité -Victor Brombert

 

TROISIÈME PARTIE - COMÉDIES DUROMAN

La conscience parodique chez Stendhal : le cas d'Armance - Sheila Bell

« Rires » (sur Lucien Leuwen) -Martine Reid

Dialogues comiques (A propos de Lucien Leuwen)- Bertrand Vibert

La Chartreuse de Parme ou la comédie du roman - Daniel Sangsue

Un aspect du comique de la province chez Stendhal :le thème des provinciaux à Paris dans Féder ou le mari d'argent - Cécile François-Meynard

Lamiel grotesque - Michel Crouzet

ENVOI

BIBLIOGRAPHIE

312 pages. Bibliographie, illustrations noir et blanc. Format 14 x 21,5.

ISBN 2 84310 013 5.