BIBLIOTHEQUE STENDHALIENNE ET ROMANTIQUE
Collection dirigée par Marie-Rose Corredor et Chantal Massol
Approfondir la connaissance de l'oeuvre stendhalienne est l'un des objectifs prioritaires d'une collection née dans une université qui porte le nom de l'écrivain grenoblois, et lui consacre des travaux depuis plusieurs décennies. Mais le domaine de recherches qu'elle se propose de couvrir s'étend au contexte historique, culturel, littéraire dans lequel cette oeuvre s'insère. Elle souhaite, en particulier,publier des ouvrages qui, traitant de Stendhal, permettent de poser des questions concernant plus largement le champ romantique ; d'autres qui, traitant de tel aspect du romantisme, permettent de faire retour sur Stendhal. Les problématiques qui peuvent surgir dès lors que l'on fait dialoguer les deux adjectifs « stendhalien » et« romantique », sont fort nombreuses, et les terrains qui s'offrent ainsi à l'investigation sont loin d'avoir été entièrement explorés - à supposer qu'ils aient tous été circonscrits : où en est la critique dix-neuviémiste (pour ne prendre que quelques exemples) de l'étude du récit à l'époque romantique ? jusqu'où a-t-elle poussé l'examen de la question du style ? n'a-t-elle pas à se pencher, davantage, sur celle de la représentation ? ou sur les stratégies diverses (« auctoriales » ou autres),mises en oeuvre dans le champ littéraire, aux lendemains de la Révolution ?
Sont concernés au premier chef, par un tel projet, le premier dix-neuvième siècle, et le domaine de l'écriture en prose.
Cette collection s'adresse avant tout à des universitaires (chercheurs, enseignants, doctorants, étudiants) ; mais elle vise aussi un public cultivé, curieux de Stendhal, et de la littérature de son temps.
Michèle Sautès
Chargée de la diffusion
Ellug
Université Stendhal
BP 25
38040 Grenoble cedex 9
Tél. +33 4 76 82 77 74
Fax. + 33 4 76 82 41 12
site web : < http://www.u-grenoble3.fr/ellug/>
Armance est, à la fois, le «premier roman» de
Stendhal et peut-être, singulièrement, le plus abouti et le plus
retors. Dès lors qu’elle fonctionne (ou fait mine de fonctionner)
comme un Grand Cryptogramme, l’aventure invite toujours à un
«supplément d’enquête» à une
écoute nouvelle du scandale de son silence, à une auscultation
renouvelée des «signes» qui la scandent. Apparemment, le
roman repose sur une liponymie : le secret
d’Octave n’y est jamais dévoilé (sauf à
Armance même, et au confident Dolier). Mais en
fait rien, dans Armance , n’est
vraiment ou radicalement tu . D’un côté,
l’énigme est sur-dramatisée :
elle mixe le «fatal» du tragique, le «bizarre» du
fantastique et l’«affreux» de l’éthique. De
l’autre, elle déplace sans cesse son «fin mot»
(maladie, crime, misanthropie, philosophie, position socio-politique,
mysticisme allemand, impassibilité anglaise, et jusqu’à une
conjonction : «ce mais affreux»). Le ratage d’un
trait définitoire définitif ou «décisif»
affole le discours, qui redevient dis-cursus , se met à «courir çà
et là». Le fiasco définitionnel compromet l’aventure
dans des bifurcations incessantes, il rend l’intrigue
littéralement imprévisible, ce dont, d’ailleurs, se vante
le héros : «Voilà de ces folies, pensait-il, que jamais on
ne prévoirait». De telles «folies» ne font,
évidemment, qu’attiser le désir
d’interprétation. Armance oblige à recourir
à l’herméneutique, à la rhétorique, voire
à la mantique : le texte même y incite, en assurant la mise en
scène d’un «destin» le mot y revient à
plusieurs reprises, comme sa variante «destinée»
auquel il refuse, pourtant, toute évidence. Rien n’interdit,
bien sûr, d’analyser l’intrigue après coup, en termes
«logiques», et même tout y pousse (c’est ce qu’a
fait Beyle lui-même). Mais, pour ne pas rigidifier trop vite le destin,
il faut s’attacher d’abord à des incidents, à des
accidents, à des dysfonctionnements : Armance met en cause et
en crise l’espace, le temps, le genre romanesque voire le livre, le
discours et la langue. Il ne faut pas réduire trop vite cette violente
étrangeté.
2005. 252p. 14,5 x 21cm. ISBN 2 84310 059 3. prix 22 €.
Textes réunis et présentés par Alain Guyot, avec la collaboration de Chantal Massol, 2003.
P. Laforgue
Le jeune homme, le désir et l'histoire en 1830
Pierre Laforgue
L'oedipe est peut‑être moins une structure de la psychè humaine qu'une configuration philosophique qui s'inscrit dans l'histoire. Aussi n'est‑ce pas le complexe d'Oedipe des héros romantiques qui est envisagé dans ce livre, ni non plus le mythe d'Oedipe au temps du romantisme, mais l'oedipe tel qu'il s'élabore dans les années 1830, au moment où l'imaginaire et le symbolique sont en train de se recomposer. Il s'agit d'interroger l'oedipe dans la relation qu'il entretient à la société et à l'histoire et de voir comment cette chimère travaille les textes de cette époque. L'approche, qui croise constamment le fantasmatique et l'idéologique, est sociocritique.
L'ensemble s'organise en deux parties. La première, synchronique,
constitue une anthropologie du romantisme de 1830 et essaie de
montrer que dans la référence à Oedipe se formulent
à cette époque des questions historiques autant que sociales
et politiques. La seconde partie est composée de huit monographies,
consacrées à quelques textes essentiels du romantisme où
se voit à l'oeuvre une écriture de l'oedipe: Le Rouge et le
Noir, Lucrèce Borgia, Lorenzaccio, Fantasio, Volupté, Le
Père Goriot, La Confession d'un enfant du siècle, Le Lys dons la
vallée.
SOMMAIRE
PREMIÈRE PARTIE : OEDIPE 1830
I Le jeune homme et le XIXe siècle en 1830
Oedipe et configuration fantasmatique et idéologique de l'éros
Oedipe et carnaval
Oedipe royaliste, Oedipe révolutionnaire
Il Oedipe tyran, ou idéologie du symbolique
Usurpation et légitimité
Oedipe sans oedipe
Ill Oedipe romantique, ou symbolisation et désymbolisation
Oedipe, l'énigme et les morts
L'énigme, le sens et la poussière
L'oeil de Dieu, les yeux d'Oedipe
Œdipe et Isis
IV Les fils de roi
Apocalypse et opérette
Oedipe romantique, retour
Envoi : imaginaire et histoire
SECONDE PARTIE: HUIT ÉTUDES SUR L'OEDIPE ROMANTIQUE
Le Rouge et le Noir, ou oedipe et révolution
Lucrèce Borgia, ou oedipe et grotesque
Lorenzaccio, ou Oedipe à Florence
Fantaslo, ou être bouffon en 1830
Volupté, ou trente ans avant
Le Père Goriot, ou Oedipe et Télémaque
La Confession d'un enfant du siècle, ou histoire, fiction, oedipe
Le Lys dans la vallée, ou oedipe et royauté
Références bibliographiques
Index
2002, 206 pages, ISBN 2 84310 040 2, Prix 22 €
Premier volume (1er trim. 1999) :
Stendhal et le comique, textes réunis par D. Sangsue (publication de l'intégralité des communications du cycle de conférences« Stendhal et le comique », organisé à l'Université Stendhal, de mars 1995 à mai 1996).
Stendhal - le sait-on ? - a passé une bonne partie de sa vie à étudier l'art de Molière et à essayer d'écrire des comédies. Si ses tentatives de comic bard ont toutes échoué, elles ont néanmoins laissé des traces profondes dans son oeuvre, marquant en particulier ses romans. Les contributions réunies dans le présent ouvrage tirent les conséquences de l'intérêt manifesté par Stendhal pour toutes les formes de comique. Elles analysent l'empreinte de la comédie dans l'écriture romanesque, d'Armance à Lamiel, et la place du comique, ainsi que de catégories comme 'humour, l'ironie, l'autodérision, la satire, la parodie, la caricature ou le grotesque dans les écrits théoriques et autobiographiques de celui qui affirmait que « rien, ou presque rien, ne lui semblait valoir la peine qu'on en parle avec gravité ».
Textes réunis et présentés par Daniel Sangsue
Sommaire
INTRODUCTION - Daniel Sangsue
PREMIÈRE PARTIE - GENÈSES
L'espagnolisme contre le génie comique -Pierre-Louis Rey
Stendhal et Molière - Jean Serroy
L'Histoire de la peinture en Italie : de l'ekphrasis à la satire anti-cléricale - Marie-PierreChabanne
Stendhal et la caricature - Janine Gallant
DEUXIÈME PARTIE - COMIQUE ETAUTOBIOGRAPHIE
Comique, ironie, humour dans les écrits intimes de Stendhal - Béatrice Didier
Égotisme et autodérision chez Stendhal: « je tombe donc je suis » - Nathalie Roelens
Henry Brulard : ironie et continuité -Victor Brombert
TROISIÈME PARTIE - COMÉDIES DUROMAN
La conscience parodique chez Stendhal : le cas d'Armance - Sheila Bell
« Rires » (sur Lucien Leuwen) -Martine Reid
Dialogues comiques (A propos de Lucien Leuwen)- Bertrand Vibert
La Chartreuse de Parme ou la comédie du roman - Daniel Sangsue
Un aspect du comique de la province chez Stendhal :le thème des provinciaux à Paris dans Féder ou le mari d'argent - Cécile François-Meynard
Lamiel grotesque - Michel Crouzet
ENVOI
BIBLIOGRAPHIE
312 pages. Bibliographie, illustrations noir et blanc. Format 14 x 21,5.
ISBN 2 84310 013 5.